L'alimentation d'un enfant peut être une source d'inquiétudes pour bien des parents. Mange-t-il assez? Au contraire, mange-t-il trop? Si certains parents choisissent d'intervenir pour gérer l'alimentation de leur tout-petit, d'autres choisissent de laisser ces décisions à l'enfant en supposant que celui-ci saura reconnaître ses besoins. Et si ces différentes approches étaient observables dès la naissance? C'est ce que des chercheurs semblent avoir découvert dans une étude publiée récemment dans la revue PLOS One.
Les chercheurs américains ont en effet remarqué que le mode d'alimentation choisi par la mère semblait associé à l'approche de cette dernière face à l'alimentation de son bébé. Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs ont interrogés 384 mères sur la façon dont leur bébé était nourri à la naissance et sur leur approche par rapport à l'alimentation.

Il est aussi intéressant de noter que les mères qui offraient leur propre lait au biberon avaient plus tendance à encourager le bébé à boire davantage que les mères qui offraient des PCN. Elles ne limitaient toutefois pas la quantité de lait consommé par leur bébé de façon significative. Par ailleurs, le moment d'introduction des solides semblaient aussi être associé à l'approche de la mère par rapport à l'alimentation.
Selon les chercheurs, deux hypothèses pourraient expliquer ces observations.
D'une part, étant donné que l'allaitement à la demande est nécessaire à l'établissement d'une bonne production de lait et qu'il est difficile de savoir exactement la quantité de lait consommé par un bébé lors de la tétée, les mères allaitantes modifieraient peut-être leur approche de l'alimentation pour s'adapter aux exigences de l'allaitement.
D'une part, étant donné que l'allaitement à la demande est nécessaire à l'établissement d'une bonne production de lait et qu'il est difficile de savoir exactement la quantité de lait consommé par un bébé lors de la tétée, les mères allaitantes modifieraient peut-être leur approche de l'alimentation pour s'adapter aux exigences de l'allaitement.
D'autre part, l'inverse serait aussi possible. C'est-à-dire qu'il se pourrait que les mères qui se sentent plus à l'aise avec une approche plus interventionniste de l'alimentation soient plus attirées par l'alimentation au biberon pour leur enfant puisqu'elle leur permet une plus grande impression de contrôle.
En conclusion, le degré d'interventionnisme d'une mère face à l'alimentation de son enfant pourrait avoir un impact sur le choix du mode d'alimentation à la naissance du bébé. Cette observation pourrait donc nous aider à mieux comprendre les motivations qui influencent une mère lorsqu'elle décide d'allaiter ou non. De plus, cela pourrait nous amener à revoir notre façon d'aider les mères qui vivent des difficultés d'allaitement en tenant compte des perceptions que celles-ci entretiennent par rapport à l'alimentation.
Référence:
Brown A, Lee M (2013) Breastfeeding Is Associated with a Maternal Feeding Style Low in Control from Birth. PLoS ONE 8(1): e54229. doi:10.1371/journal.pone.0054229